Griffonnages et gribouillages… au rythme de mes envies

Ouverture

 

 

 

Caché derrière ses lunettes

Armé de son coupe-coupe,

Il ouvre une nouvelle fenêtre.

Vlan, le cocotier et son cœur savoureux !

Vlan, le tamanu et son fruit protecteur !

Et encore vlan pour les jolis hibiscus 

et les violets bougainvilliers !

Place au bleu lagon,

Au récif,

À l’océan.

Et peut-être aux dauphins.

Qui sait ?

20 mai, 2014 à 16 h 44 min | Commentaires (0) | Permalien


Au-dessus des toits

 

 

 

Au-dessus des toits de l’hôpital,

Le mouvement des ailes multicolores des kitesurfs.

Imaginer alors,

Au milieu d’embruns marins,

Derrière ces bâtiments aux corps meurtris par la malbouffe,

La danse athlétique des surfeurs.

Là, juste là.

À la surface des bleu lagon.

20 mai, 2014 à 8 h 34 min | Commentaires (0) | Permalien


Le rêve d’Aurore

 

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Il éclaire notre imaginaire, nous maintient en éveil, chasse les sombres nuages, nous tend vers des contrées inconnues, colorie nos vides, nous émerveille, nous réchauffe, nous rend lumineux,  rayonnants… Celui qui fuit les nuits de pleine lune s’accroît, se dilate, s’étend, se déploie, s’étale, se dissémine, se gonfle, s’allonge, s’infléchit, s’élargit, s’amplifie, se développe, se renforce, s’accentue, s’enrichit, m’enrichit puis disparaît. Il réchauffe les nuits froides des lieux reculés et préservés dans lesquels il se déforme à loisir : arc, bande, renne,  rideau, couronne, béluga, pilier, saumon, rayon, voile, phoque, tache, miroir.  Il est jaillissement et incandescence tout autant que pureté et fraîcheur primitive. Certains l’associent au malheur et à la mort tandis que d’autres voient en lui signes de fécondité et de chance. 

 

photo trouvée par

15 février, 2014 à 15 h 18 min | Commentaires (0) | Permalien


Femme penchée

Capture

Au départ, elle n’a bu que quelques gorgées du breuvage doux et acidulé que le barman lui a proposé. Mais au fil de la soirée, elle s’est appliquée à descendre avec précaution une demi-douzaine de verres au point de ne plus pouvoir se lever. Lorsqu’enfin, elle réussit à se redresser et à faire quelques pas, elle se rend compte que quelque chose cloche. Elle penche. C’est indéniable. Tels une tour de Pise, un cyprès un soir de grand vent, le minaret Al-Nuri à Mossoul ou encore la tour de Burano, elle s’incline méchamment. Elle se sent aussi clocher de Suurhusen et pagode de Tiger Hill. Elle sourit de cette ribambelle de monuments penchés qu’elle connait depuis que l’un de ses patients l’a poussé, il y a quelques années  à faire des recherches. Le malheureux se prenait pour la tour de Pise. Pour l’aider à se sortir de ce symptôme schizophrénique peu banal, elle l’avait invité, dans un premier temps, à se comparer à d’autres monuments selon son angle d’inclinaison du matin. Excédé par toutes ces mesures et ces recherches, il avait fini par se redresser.

Maintenant, elle est là, au milieu du bar, entre le zinc et la première rangée de tables et elle penche.

Elle essaie de trouver la signification de cette phrase qu’elle se répète en boucle : « Difficile de passer derrière le ventilateur quand on en a goûté à ses vertus. » Est-ce une phrase que vient de prononcer l’un des hommes accoudés autour d’elle ? Ou bien est-ce l’une des phrases prononcées aujourd’hui par l’un de ses patients ? Qui est le ventilateur ? Quelles sont ses vertus ? Si sa vie n’était pas une véritable catastrophe à ce moment précis, elle rirait bien de ces tours penchées, de ce ventilateur et de ses vertus mais là, au milieu du bar tel un chardon penché dans un pré, elle n’a pas le cœur. Elle a pourtant toujours eu le rire facile. Habituellement,  elle passe même pour « bon public ». Mais, ce soir, elle n’y arrive pas. Cet admirable chemin que la vie a tracé pour elle, vient de prendre un sacré virage et elle ne sait pas si elle pourra le supporter.

C’est d’être au milieu de ce fichu bistrot, cependant, qui la tracasse le plus. Comment y est-elle arrivée ? Que s’est-il donc passé entre le moment où elle a quitté son appartement et son entrée dans ce bar ? Elle se souvient être sortie de chez elle en fin de journée pour faire quelques pas et se vider l’esprit. Finalement, elle se retrouve là, penchée, en plein milieu de la nuit si les aiguilles de l’horloge face à elle, disent vrai. Que s’est-il donc passé ?

Alors, tout doucement, comme elle aide ses patients à démêler les fils de leurs existences, elle essaie de se souvenir. 

 

 

11 février, 2014 à 18 h 17 min | Commentaires (0) | Permalien


Un bateau-phare

tothelighthouse

 

Un bateau-phare pas trop grand pour ne pas me sentir perdue au milieu des océans. Et sur les étagères les livres de Jeanne, du papier, un stylo effaçable.

Au fil du temps, au fil de l’eau, et ce malgré les tempêtes, m’asseoir sur la lanterne et voir au-delà de l’horizon. Regarder le ciel. Traverser les nuages. Effleurer le bleu. Celui du ciel, bien sûr. Et, de temps en temps, grignoter du chocolat et des olives. Noires les olives et noir le chocolat aussi.

 

 

Mots inspirés par « To the lighthouse »  de Carin Welz-Stein grâce à Lali.

25 janvier, 2014 à 8 h 04 min | Commentaires (0) | Permalien


Contrastes

Contrastes dans En vos mots CHAN-Heatherlee

Jamais elle ne s’était imaginée vivre dans Mission District au milieu d’écorchés de la vie, de déglingués et de hipsters. L’atmosphère si complexe de ce quartier lui donne des sensations encore jamais éprouvées. Une soirée branchée peut vite se peupler de personnes peu fréquentables. Elle ne peut se passer des promenades au bras de Mike dans Dolorès Park parmi cette population branchée. Parfois, il leur arrive de s’installer dans l’herbe et de profiter de la vue sur la City.   Mais elle, ce qu’elle préfère dans ces moments-là, c’est observer les individus qui les entourent, leur inventer des vies. Depuis qu’elle s’est acoquinée avec ce Mike, tous ses repères ont changé. Toutes les barrières et les carcans de sa bonne éducation et de sa vie de femme de ministre ont explosé. Ce n’est pas sans quelques réticences qu’elle a accepté la proposition de son nouvel amant de s’installer ici. Si son ex-mari ou ses parents découvraient sa nouvelle vie, ils ne s’en remettraient jamais. Comme toujours, son ex-mari tenterait d’acheter son exil et ses parents essayeraient de l’éloigner de San Francisco en prétextant une vieille tante malade à l’autre bout de la Terre. Pour écarter tout soupçon, elle a gardé son appartement dans Nellie Street au cœur de Noe Valley où elle reçoit seule ses parents tous les jeudis midi. Aujourd’hui, elle doit les retrouver, mais avant elle va effectuer un geste  encore inconcevable il y a peu : échanger un livre pour Mike dans le petit « Bric-a-books » de Mission Street. Et dire que certains troquent aussi  leurs vêtements ! Mon dieu ! Quelle horreur !

Photo trouvée dans la rubrique « En vos mots » de chez Lali.

 

24 novembre, 2013 à 8 h 29 min | Commentaires (0) | Permalien


Lune…

Lune... dans Mil et une... lune-et-vercors-227x300

Tranquillement, elle allait se poser.

S‘installer sur le sommet de la montagne.

Poursuivre son existence en plein cœur du Vercors, cette région qui l’avait vue devenir femme, mère.

Elle ne subirait aucun changement, aucune déformation.

Elle resterait elle-même.

C’était un juste retour aux sources.

Elle en avait assez de parcourir le monde.

Elle avait passé tant d’années à éclairer et à réconforter les Hommes.

C’était souvent au cœur de la nuit que leurs existences devenaient insoutenables.

Aujourd’hui, cris, larmes, désespoirs, horreurs appartenaient au passé.

Elle allait s’occuper d’elle.

Se coucher et se lever avec le soleil.

Jouir de sa chaleur et de sa lumière.

Profiter des couleurs et de l’odeur des champs de lavande des vallées éloignées.

Descendre les Gorges de la Bourne.

Suivre les Grands Goulets.

Se fondre dans l’univers des  petits villages montagnards.

Sentir les odeurs du picodon fraîchement moulu.

L’hiver, « la foulée blanche » apporterait son lot de chaleur humaine.

Des gens heureux, en forme, capables de s’occuper d’eux.

 

Avec tous les changements survenus sur Terre ces dernières années, le monde pouvait bien se passer de sa divine clarté… 

 

 

Ma première participation à Mil et une…

 

9 novembre, 2013 à 11 h 18 min | Commentaires (0) | Permalien


Errances sans queue ni tête

 

 

 

Errances sans queue ni tête dans Une photo, quelques mots celine1-300x217

Boa à plumes… Plumes d’oie… Oisiveté… Thé vert… Ver à soie… Soi-disant… Zanzibar… Bar à putes !

Oups ! Ce n’est pas un bar à putes mais la nouvelle devanture de Céline !

Mais si vous la connaissez,

Céline !

L’espiègle et malicieuse fleuriste de la rue des Martyrs ou peut-être bien de la rue de la Délivrance…

Mais si vous l’avez sûrement arpentée,

La rue de la Délivrance ! Celle qui coupe la rue de l’Obédience et la rue Edmond Albius avant de se prolonger  par la rue de la Liberté…

Non ! Non ! Je ne vois pas. De toute façon je préfère ne pas savoir !

 

Trop en retard et peu peu sûre de ce texte pour le publier sur Bricabook de Leiloona

 

12 octobre, 2013 à 10 h 51 min | Commentaires (0) | Permalien


Une photo, quelques mots #2

Voici pour ma deuxième participation à l’atelier d’écriture organisé par Leiloona

 Une photo, quelques mots #2 dans Une photo, quelques mots cars

C’était tellement :

insupportable,

insoutenable,

terrifiant,

de l’imaginer dans d’autres bras,

caressée par d’autres mains,

pénétrée par de vulgaires pignoufs malappris.

Il avait même eu la vision de quelques vauriens relevant leurs manches pour se plonger dans ses entrailles.

La séparation allait être difficile.

Alors, pour retarder ce fatidique déchirement,

il avait écrit « À VENDRE » en tout petit, sur la vitre arrière gauche.

 

 

 

 

8 septembre, 2013 à 8 h 24 min | Commentaires (17) | Permalien


Les hivers se suivent… et se ressemblent

Les hivers se suivent... et se ressemblent dans Babillages

 

Envie de prolonger le plaisir de Profanes de Jeanne Benameur par la lecture de haïkus. Et de découvrir juste avant de crier « Au copiage ! Á la supercherie ! »,  qu’ils sont du même auteur.

Corbeau que l’on déteste, d’habitude…

Combien émouvant ce  matin

Dans le paysage de neige

                                                 Matsuo Bashō

Qu’il est beau

Le corbeau d’ordinaire haïssable

Ce matin de neige !

                                                                 Matsuo Bashō

6 août, 2013 à 20 h 32 min | Commentaires (3) | Permalien


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